Winterclash 2010 report

Winterclash 2010 report

Vue-densemble-de-lArena

Devenu rapidement un contest incontournable de la scène Rollerblading mondiale, le Winterclash prend place cette année dans la capitale Allemande. Et pas n’importe où ! Jojo Jacobi, dans l’optique d’élargir l’évènement au grand public, a investi l’Arena, énorme complexe de 7000 m2, situé dans l’est de Berlin.

Après la mésaventure de l’année dernière, le futur du Winterclash restait compromis. Quelle fut donc notre surprise et notre grande joie d’apprendre que le contest allait bel et bien se dérouler, et dans la mégalopole de l’underground, qui plus est ! En effet, Berlin, de par son attractivité éclectique, est le carrefour des cultures alternatives, et donc l’endroit idéal pour montrer au grand public ce que le roller street possède de plus beau et de plus fou. Et notamment, le Winterclash.

Ils étaient donc nombreux à avoir fait le déplacement, venus des 4 coins du globe. Et c’est ce qui rend ce contest si important et incontournable : la multitude des nationalités présentes. Devant l’Arena, le vendredi matin, on entend bien évidemment de l’Allemand, de l’Anglais, mais aussi du Néerlandais, de l’Espagnol, du Portugais, des sonorités étranges venues de l’Est, et le Français, venus en masse pour représenter le skating hexagonal. Tous venus et réunis pour assister à la bataille de gladiateurs !

"Et qui dit Winterclash, dit forcement road trip..."

ccteam

Et qui dit Winterclash, dit forcement road trip, et donc de longues heures de transport qui deviennent rapidement un périple rempli d’aventures… (une pensée particulière pour les 48h des Montpelliérains… RIP au van). Le froid radical de l’hiver germanique n’aidant pas, c’est après de longues heures de conduite en shuffle que les premiers arrivés se présentent en masse devant les portes du complexe. Il fait très froid et le parc n’est pas totalement fini. Il va donc falloir patienter, malgré les doigts de pieds qui n’apprécient guère le contact avec le sol gelé.
Malgré ça, c’est le moment de retrouver des têtes venues de loin, baragouiner quelques mots avec les voisins, dans un anglais plus qu’approximatif… Mais le langage du rollo est universel, donc ça passe tout seul ! Ca fait plaisir de revoir des amis qu’on ne s’attendait pas à rencontrer dans une ville si éloignée de leur région d’origine. Mais qu’on se le dise, c’est le Winterclash, et les skaters se sont passé le mot, il ne faut pas louper ça. THIS TIME, BIG TIME ! Tel est le slogan de l’édition 2010. Le staff tient à prendre sa revanche sur la mésaventure de 2009, et ça annonce du lourd !!!

Welcom to Winterclash!!

Le-Winterclash-comme-si-vous-y-etiez

Après 2 longues heures d’attente interminable, les portes s’ouvrent et on joue des coudes pour entrer dans le lieu de culte. La 1ère impression, c’est que l’endroit est immense, vraiment. On n’a jamais vu une telle superficie pour un évènement de patin à roulettes, depuis les fameux contests du POPB. Un petit tour de salle nous permet de constater que celle-ci est divisée en plusieurs parties : un grand espace avec un bar et de quoi se restaurer, qui deviendra le dancefloor pour les soirées ; plusieurs stands forment le Tradeshow, les marques ont répondus présentes et arborent leurs nouvelles collections, un coup de cÅ“ur pour le stand UCON, plein de fraicheur ! Puis on arrive sur ce qui sera le terrain de guerre du week-end, le skatepark : les modules ont été loué pour l’occasion et ça se voit. On reconnait la marque des LG contests, et c’est peut-être la seule déception de l’évent. On va assister à un contest de parkeux, on le sait désormais. Pas de lignes originales ou de transferts sortis de nulle part, on commence à se douter de quel type de skater aura l’avantage sur ce type d’assemblage.
De plus, 2 énormes tribunes entourent de part et d’autres le park, donc fini les bains de foules en finale. Le Winterclash change de cap et cherche à présenter une image plus « propre Â»  au grand public. C’est malheureusement le type de concession que l’on doit faire pour pouvoir toucher un public plus large. On arrête de passer pour des gamins bordéliques et anarchiques et on présente bien devant l’assemblée, s’il vous plait ! PRO quoi !

Le contest Demoiselles et amateurs

Du-trs-gros-niveau-pour-les-finales-filles.Fallon-va-chercher-lextension-en-Fish-stallPetit à petit, les gens se posent confortablement dans les tribunes, et après une session « free Â», les hostilités peuvent commencer avec le contest Demoiselles. Et c’est certainement ce qui sera la plus grosse surprise du contest. On était plus ou moins habitué à devoir subir des runs mous et sans fioritures (et oui, désolé mesdemoiselles…), mais là, je dois dire qu’on en a pris plein la gueule, vraiment ! Ca commence direct avec du lourd, Fallon Heffernan, Coco Sanchez et Jenna Downing en tête. La France n’est pas en reste avec Mathilde Monneron qui n’est pas venue pour faire de la figuration. A la surprise de tous, le coping de l’extension se fait littéralement martyriser, Fallon donne la leçon aux messieurs en allant caler de l’alley oop Top Soul et va même jusqu'à switchuper la chose, en calant un soul par la suite et une sortie en 3-6. La foule est en délire, les plus suspicieux quand au contest Meuf retournent leur veste et rivalisent de décibels pour encourager les skateuses. Je ne vais pas vous énumérer tous les tricks rentrés durant le contest, déjà parce que ça me fait chier, et vous aussi, mais également parce que vous avez certainement vu une bonne dizaine de vidéos à l’heure où j’écris ces lignes. On retiendra les air et transferts «  couillus Â» de Jenna, la destruction du coping de l’extension par Fallon, le charme à tomber de Coco, et le style destructeur de Mathilde, qui ne laisse pas la France en reste.

iennent ensuite les qualifications Amateurs. En fait, c’est là où tu vois un nombre incalculable de pellos venus chercher la gloire. Donc certains donnent de leur vie, testent des tricks qu’ils n’ont jamais rentrés auparavant, donc ça finit pas toujours bien. Ou alors quand c’est rentré, ben c’est moche. Ca rappelle les contests amateurs de villages, où on peut voir des kids se jeter en 450 touche coping, alors qu’ils ne savent pas rentrer un soul correctement…
Heureusement, on peut voir se distinguer de la masse certaines personnes qui sont venues rouler avec intelligence. On assiste à de belles lignes, des tricks rentrés proprement et de la fraicheur dans le skating, ça fait plaisir.
Le park réserve quelques mauvaises surprises, certaines structures métalliques n’ont pas été coffrées. Comme à la réception de l’extension par exemple et même si il n’y a pas eu de grosses blessures durant les 2 jours, on a quand même eu de grosse frayeur. Mathias Silhan en fera les frais et se verra donc évincer des qualifications. On remarquera dès ces qualifs Diego Guilloud, venu avec une idée en tête bien précise, et ça se voit. Des lignes pas vraiment bien construites, mais plus du démontage de spot avec du gros, du très gros trick.
Les poules passent les unes après les autres, les bières aussi. Dans les tribunes, on parle des dernières aventures, des roads trips en prévision, du galbe de Coco et on encourage les potos qui ont investis pour leur inscription au contest.

Winterclash Party

Des-gens-en-forme

Une fois les qualifications amateurs terminées, le park se vide petit à petit et c’est donc l’heure de partir à la découverte des alentours de l’Arena, afin de rencontrer la faune locale, découvrir l’architecture de l’ex RDA, et faire quelques courses, en prévision de la «Winterclash Pre-Party».

Retour au complexe, les quelques privilégiés profitent de leur statut « VIP Â» pour aller se restaurer gratuitement, taper un brin de causette avec Stockwell, découvrir les nouveautés à venir sur le marché en terme de patin… Puis viens la soirée. La foule a répondu présent, on croise même des gens extérieurs à la société secrète du patin à roulettes, et, pour notre plus grand bonheur, bon nombre de jeunes ladies venues se frotter à la testostérone ambiante !
La bière coule à flot, le son est bon, avec des DJ’s Berlinois de qualité et un Barcelonais un peu moins. On le remerciera quand même de nous avoir balancer des reprises de Sagona.
L’alcool monte à la tête, la foule exalte, ça danse, ça se promène, ça raconte de la merde, une bonne soirée qui nous laisse présager le meilleur pour le lendemain…

Samedi 13 Février l’heure de la bataille a sonné!

Samedi 13 Février, l’heure de la bataille a sonné ! Tout le monde se remet petit à petit de la soirée de la veille, on se remémore avec hilarité les meilleurs moments, en s’installant paisiblement dans les tribunes.
C’est encore les échauffements sur le park et on assiste à de belles cascades de la part des professionnels de roller acrobatique, restés discret la veille. Les minots deviennent tout fou à la vue de leur patineur américain préféré et rappellent aux plus anciens certains souvenirs oubliés… Ah, la nostalgie du bon vieux temps, jeunesse innocente et naïve… Quelle belle époque, profitez mes enfants !

On commence comme la veille avec les finales Girls. Et à nouveau, on en prend plein la tronche, on ne sait pas si les tribunes vont résister à l’assaut continu de la foule en délire, tant la testostérone ambiante devient incontrôlable. Fionna revient sur son coping préféré et cale des switch ups que même les amateurs n’ont pas tenté durant les qualifs. Jenna Downing nous rentre un 900 au 2eme essai et nous démontre qu’il n’y a plus beaucoup de différences de niveau entre les filles et les bonhommes. Mathilde s’accroche et à défaut de rentrer des aussi gros tricks que ses consoeurs, va aller chatouiller tous les modules de l’aire de street, avec une facilité déconcertante.
Au final, on sait tous que c’est Fallon qui aura dominé la compétition sur son ensemble et se verra donc remporter la première place du podium.

On passe aux finales amateurs et c’est un spectacle beaucoup plus épuré que la veille qui nous est proposé. Les juges ont bien fait leur boulot et le skating est agréable à regarder.
Ca ne part pas dans tous les sens (sauf pour Diego, qui est plus énervé encore que pendant les qualifs !), les skaters commencent à se clasher sur des modules bien déterminés et c’est tour à tour que la table, le rail et les deux extensions opposées se font maltraiter.
Mais c’est la Suisse qui va rapidement prendre le contrôle de ces finales, avec Diego Luppi, Diego Guilloud et Stephane de Freitas. Je n’arrive toujours pas à comprendre comment ce premier peut rouler aussi aisément malgré sa légère surcharge pondérale. Il s’envole sur la table, va caler des rotas to grind sur le coping de la sub box, puis finit avec des transferts très gourmand. Hallucinant.
Diego Guilloud, quant à lui, reste fidèle à son skating. Ca switch up sévère, ça plait ou ça plait pas, mais la difficulté et la dextérité sont belles et bien présente dans ses lignes. Pour un streeter comme lui, s’adapter au park du Clash n’était pas évident à première vue. Il aura su dompter les courbes et arborer une maitrise plus que respectueuse.
Et c’est donc De Freitas qui s’imposera dans cette finale, avec des lignes et des transferts originaux qui feront la différence. Triplet Suisse !

"...La plupart des cainris ne sont pas à l’aise avec les modules..."

Head-to-Head.-Bailey-en-True-Top-Acid-sur-lextension

La dernière partie de ce Winterclash 2010 concernera donc les pros, faisant parti d’un team international, comme souhaité selon le système WRS. Ils sont venus des 4 coins du monde, les marques ont suivi au niveau des défraiements de voyage, pour nous présenter un éventail plus que large en terme de skaters. Quelques uns manquent à l’appel, mais en général, la crème de la crème est présente.
On ressent tout de suite que la plupart des cainris ne sont pas à l’aise avec les modules. C’est pas vraiment le type de park qu’ils ont l’habitude de rouler par chez eux, et ça se voit.
Quelques uns s’adaptent quand même, mais c’est Julien Cudot et Roman Abrate qui seront les plus à l’aise avec l’aire de street.
Sven Boekhorst est venu avec son fan club et les tribunes vibrent à chacun de ces tricks. Il aura vraiment bien roulé sur cette finale, étant bien habitué aux structures de démos.
On remarquera un passage compliqué de Rachard Johnson, qui galère à poser des true Mizu et élargit encore plus le fossé avec la nouvelle génération. Cudot n’est pas venu pour faire de la figuration et fais monter la pression à chaque nouveau trick. Roman s’accroche et rejoint Julien sur le classement. Eric Bailey perdra donc la lutte en s’y reprenant à plusieurs fois pour rentrer un true fish, qui deviendra au final un true Kind Grind.

La disposition du skatepark et les modules LG auront donc profité aux 2 frenchies, qui se voient attribuer les 2 premières places du podium.

On aura donc assisté à un vrai contest de parkeurs, ce qui peut être regrettable quand on repense à l’esprit initial du Winterclash. Moins de bordel, moins de tricks et de skating comme on en avait l’habitude, mais un ensemble satisfaisant qui permettra au Rollerblading de montrer patte blanche en vue de futurs partenariats plus intéressants financièrement parlant, et surtout hors-industrie. Un mal pour un bien.

Le Winterclash 2010 est terminé, on peut passer à l’Afterclash Party, histoire de fêter dignement cette édition ! Et la c’est rebelote, le même schéma de soirée que la veille, mais encore plus cinglé ! Plus de gens, plus de sons, plus de femmes et plus de conneries !
La fête se finira très tard, pour certains au petit matin dans Berlin…

On peut reprendre la route, des souvenirs plein la caboche, des histoires croustillantes pleins la besace à raconter aux absents et des envies toujours plus profondes de voyages…

Ne ratez pas le Winterclash 2011!
 
Texte et photos:
Aurélien Laurent

VIDEO

Filmé et monté par Anthony Finocchiaro

PHOTOS


Comments (2)
jfbest
... jfbest
18 mars 2010
Ca c'est du reportage, j'adore et j'adhère !
0
... from paris
05 avril 2010
Super article

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